Ca fait écolière, écolière droguée.

Ca fait écolière, écolière droguée.

Pérégrinations utopiques d'un royaume enfantesque.


A la génèse de ma dix-huitième année aujourd'hui. Comment pourrais-je me réjouir d'atteindre la majorité alors que mes rêves gravitent autour d'une délicieuse irresponsabilité et de la sacro sainte quête du corps d'enfant.

Je bouscule les conventions, certes.
Aprés tout ne sont-elles pas faites pour ça, distinguer les audacieux des laches ?


L'écriture nous vient spontanément, elle s'impose à nous quand on ne va pas bien. L'analogue du mythe de Sisyphe, étalon ultime du néant, je m'hasarde à persuader l'opinion que malgré l'absurdité du destin, la vie vaut la peine d'être vécue. J'ai la prétention d'être forte, aguerrie, comme pour narguer le temps. Ce temps qui nous maudit, nous illusionne, nous fait miroiter de fulgurantes victoires, les unes plus belles que les autres. Ce diable qui nous étiole en se consumant si vite, qui a fortiori nous met face à nos déboires, et qui enfin s'esquive angéliquement. Je me révolte, je ne me laisserai pas imposer cette vie de Sardanapale, gouvernée par la débauche et la paresse. Un certain sourire, pétrifie mes lèvres et s'érige comme arme infaillible. Ataraxie tant convoitée, m'accorderas-tu ta faveur, une fois que j'aurai triomphé de mes souffrances et mes excès ?

Photographie : Skye Stracke,
près du pont Alexandre III, sur les bordures de la Seine.

# Posté le lundi 23 juin 2008 11:06

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 17:07

Cette éternelle avidité, cette éternelle curiosité.

Cette éternelle avidité, cette éternelle curiosité.

" La mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué. "
Simone de Beauvoir


J'étais en train de me détruire. L'été se terminait peu à peu et le bilan que l'on pouvait en dresser était fort peu méritant. J'avais une impression détestable, celle qui nous envahit lorsque l'on est arrété dans une folle course, ou encore celle qui nous réveille en sursaut en pleine nuit. Le goût amer de la déception, c'était la seule note que je retenais je crois que j'avais bien réfléchi des heures, pour n'arriver qu'à une seule et unique conclusion, la certitude que j'étais en route vers une longue agonie.
J'étais bel et bien ce petit monstre d'égoisme, cette chose plus ou moins fragile et intriguante. Cette fois-ci, je n'étais plus seule, et c'est bien pourquoi mon attitude m'inquiétait de surcroît. Non seulement je ne me respectais pas, mais je lui réclamais une vertu précieuse, la tolérance. Je me débattai pour ne pas l'entrainer dans une spirale infernale, pour masquer mes déboires, oublier mes crise furieuses et mon indifférence. Nos étreintes s'éternisèrent, elles marquaient à chaque fois une rupture ineffable avec la vacuité de l'existence. J'en oubliais le poids de mes excès, la fadeur du quotidien. L'amour, c'était cette sorte d'ivresse indescriptible et naturelle. J'arrivais enfin à y apposer une sensation, un sentiment, une odeur, j'en étais plutot fière, je crois.

# Posté le lundi 23 juin 2008 11:24

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 11:02

Confessions d'une fille à papa.

Confessions d'une fille à papa.
La quête d'un exutoire


C'était un samedi orageux du mois de septembre. J'étais rentrée chez moi, tard dans la nuit, ma mère, mon frère et sa fiancée étaient encore attablés. Les mégots de cigarettes débordaient du cendrier, les bouteilles de vin et leurs sourires niais les avaient trahis. J'allais monter dans ma chambre, lorsque je fus coupée dans mon élan. A ma grande surprise, mon demi-frère voulu s'entretenir avec moi, c'était surement une conséquence naturelle de la quantité d'alcool qui devait inonder ses veines. Réticente, je finis par céder et après tout j'entrevoyais très vite les limites de la conversation, je m'assis à table avec eux. Ce fut d'ailleurs il me semble la première fois qu'il me donna tant d'importance. Je dois le reconnaitre, j'en fus flattée. Lui qui dès ma naissance avait aigrement déclaré qu'il ne me considererait jamais comme sa soeur semblait s'être assagi avec le temps. Sa repentance paraissait être de toute probité, ça sentait la faiblesse de la sincérité. Il me tint un discours nourri par le remords, conforté par la force des années. Dès l'abord, il insista avec langueur sur l'idée de liberté. Ma première réaction, c'était de la stupeur, son aptitude à énoncer des propos, à les déployer et à les enrichir d'exemples fondés, le tout avec une lucidité impressionante qui détonnait avec son état d'ébriété. Il me confessa avec un charmant cynisme, qu'il était resté dans l'ombre, littéralement écrasé par l'aura et le charisme paternel, il voulait m'éviter le même gachis, car depuis que j'avais obtenu de brillantes notes au baccalauréat, il me considérait tout autrement. Je parvenais à établir un véritable synchronisme avec lui, je ressentais sa douleur, mais j'étais impuissante à panser ses plaies. Nous en arrivions aux memes conclusions, notre père était d'un égoisme hors normes. Il régissait nos vies, appuyé par mille stratagèmes, l'abondance et la manipulation. Mais c'était sa façon de témoigner de son amour. Désarmé, mon frère en avait gardé une certaine fragilité qui, cumulée avec le choc psychologique qu'il avait subit dans sa jeunesse, l'avait tout droit mené à expérimenter avec empirisme, la quasi intégralité des anti-dépresseurs. A présent que mon frère s'était libéré, certes bien trop tard, de son emprise, c'était à mon tour de me débattre. Noyée par la dichotomie qu'impliquait d'une part, ma profonde admiration pour mon père, et de l'autre mon souci du réalisme, j'acquiessais en silence ses propos tristement véridiques.
L'intensité de la conversation m'étonnait car généralement nous nous en tenions à de simples banalités . C'est ce même soir que l'on me parla des circonstances de la mort de mon grand père paternel. Je ne l'avais jamais connu, on ne m'avait jamais parlé de lui, je pouvais tout juste mettre un nom sur une photo en noir et blanc, in fine, il représentait en quelque sorte la figure de l'interdit. Ce n'était pas faute d'avoir essayé d'aborder le sujet avec mon père, il l'esquivait de manière catégorique. A posteriori, et non sans peine, mon frère me mit au fait des événements. Il s'était suicidé dans sa chambre, après plusieurs tentatives. Il était probable que ce soit lié à des ennuis financiers, à la déchéance de sa fille et certainement à bien d'autres raisons subsidiaires qui ont pu le conforter à prendre une décision si absolue. Elle non plus d'ailleurs, je ne la connaissais pas. Lorsque je cherchais à évoquer son sujet, je les voyais blémir, l'effroi gagnait subitement leurs visages. Droguée et folle, elle s'était enfermée dans une dépendance qu'elle trainait encore aujourd'hui. Sa vie était un enfer, elle maltraitait son fils et cela faisait plus de vingt ans qu'elle sombrait dans une clinique. Il était plus de trois heures du matin, la discussion avait été prenante et constructive. Ma curiosité en était rassasiée, je comprenais mieux à présent mes tendances excessives, mes colères exacerbées et la complexité de mes inhibitions.

# Posté le lundi 23 juin 2008 11:35

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 17:13

Et d'une malédiction divine, je suis la Tsarine d'un l'Empire déchu.

Et d'une malédiction divine, je suis la Tsarine d'un l'Empire déchu.

Dans les abysses d'un pugilat inavouable, il n'y a ni purgatoire, ni échappatoire, la vie nous retient de ses griffes acérées, de ses propos acerbes, sans que jamais nous ne puissions nous y soustraire. Morne destin, tristes années, je me borne à tout effacer, à dormir et ne plus me réveiller.


L'homme, la foule, les normes. Habile, il tente de dissimuler ses craintes et ses frayeurs sous l'égide du conventionnalisme. Se tisse un réseau de dogmes pseudo rationnels. Se calque sur le paraitre de ses contemporains, qu'il adopte, duplique, amplifie à la manière d'un buvoir. Plagiat, contre-façon, pillage, usurpation, appropriation. La spirale luxurieuse n'en est qu'à son prélude. Elle en arrivera très vite à la gangraine. Il se peut que l'envie de scléroser cette propagation pandémoniaque traverse l'esprit du mortel. Il rêve. D'évasion, de liberté, d'indéterminisme. Désire briser les chaînes de cette nébuleuse enténébrée. Ce qu'il ignore, c'est que la maladie est incurable. La vérité fait trembler dans une société où tout n'est que factice, mensonge et corruption. Comme la proie du chasseur, ces fuyards se cachent, enfilent leur déguisements et s'ornent de leurs masques. Le masque de l'hypocrisie. Maquiller ses défauts est devenu une sorte de lacheté conventionelle. Qui marque le début de la fin pour l'humanité, à regret. Après tout, ils ont un charme qui leur est propre eux aussi, on aurait tors de s'en cacher. L'acceptation de ses défauts, n'est pas une réponse à la fatalité, c'est ce qui fait toute notre différence et notre singularité.

# Posté le mercredi 25 juin 2008 09:24

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 17:09

L'absurdité d'une chose n'est pas une raison contre son existence s'en est plutôt une condition . Nietzsche

L’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence s’en est plutôt une condition . Nietzsche

Anaphore Anachronique,


Visage émacié, chevelure peroxydée, dépourvue de sommité, j'étais perdue dans mes pensées.

Sournois et narquois, un petit rire intérieur et satirique s'érigeait pour masquer le chaos qui régnait en moi. Mais plus fort que tout, on voyait poindre, ce sourire exsangue qui me trahissait. Celui d'une petite fille vidée, les yeux hagards, la mort dans l'âme. Celui d'une petite fille brisée, au regard désarmé, emplie de regrets. Et plus que tout, celui d'une petite fille du passé, morose et triste à souhait, avec mille tracas en guise de projets. Tard dans la nuit, j'essayais d'oublier le bruit assourdissant de la pluie sur la tôle ondulée. Migraine et maux de coeur, je m'adonnais une seconde à la douceur des souvenirs. Comme une caresse, comme une promesse, ils vinrent sécher mes larmes de détresse. Enrolée dans mes chimères, affublée d'ornières, qui sacralisent mes folies meurtrières, je dissimulais ma déontologie de sorcière, et je m'adonnais à des prières. Volatilisés, tous ces contes de fée qui autrefois nous faisaient rêver, furent indument troqués contre une amère réalité. Extorquées, usurpées, nous sommes de ces gamines à qui on a fauché leurs poupées. Mouillées de larmes, le coeur souillé. Dans une nébuleuse résolument luxueuse, que certains hérétiques baptisent nauséeuse, nous les avons supléé par ces mannequins. Qu'ils s'avisent, ces encéphales vicieux à saccager notre autel merveilleux, à critiquer ces sylphides aux visages creusés et fédérées comme une armée, nous nous engagerons dans une croisade impériale pour leur faire enterrer leurs mirages. Aigreur. Honneur. Maigreur. J'aurais toujours la plume assassine pour faire valser les indolents.

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 07:19

Modifié le mardi 03 novembre 2009 16:09

Marivaudages et badinages, font un précieux adage.

Marivaudages et badinages, font un précieux adage.

Bonjour tristesse
« Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. C'est un sentiment si complet, si égoïste que j'en ai presque honte alors que la tristesse m'a toujours paru honorable. Je ne la connaissais pas, elle, mais l'ennui, le regret, plus rarement le remords. Aujourd'hui, quelque chose se replie sur moi comme une soie, énervante et douce, et me sépare des autres. »


Ereintée, je m'efforce d'avancer sans trébucher, en me forgeant une ligne de conduite imparable, en me fourvoyant dans un optimisme révolutionnaire. M'échiner à clarifier mes propos, renoncer à prophétiser sur l'avenir ou à trop penser. Ces nouveaux traités risquent de ne jamais être ratifiés. Ma conscience libertarienne reste le pillier qui me pousse à rechercher le bonheur. L'éthique, la sacro sainte quête de l'impossible, c'est absurde en soi, mais ça nous pousse à nous sublimer. Je vis toujours dans cette ascèse, avec ce zeste de marginalité qui me coupe de la société. J'ai oublié l'essentiel. Je n'ai jamais compris les raisons rationnelles qui nous attachent à la vie, qui nous retiennent ici. Au fond, c'est surement qu'il n'y en a aucune. Certains s'adonnent à la religion par crainte de l'avenir, et par espoir que cet avenir puisse leur être favorable. D'autres encore, assoifés d'exaltation se livrent à des paradis artificiels.Tout n'est qu'illusion. L'indéniable nous surplombe, il n'y aucune raison sérieuse d'exister, ou plutot de subsister. Nous ne sommes que des danseuses incrédules, des saltimbanques insouciants, des pantins de l'absurde. Lésés de toute raison, aliénés et parvenant au pareto optimum de l'impuissance. L'existence n'est que l'édifice du néant.

# Posté le vendredi 25 juillet 2008 18:55

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 04:23

Princesse égarée dans les affres de la culpabilité.

Princesse égarée dans les affres de la culpabilité.

Le quotidien dans toute sa morosité.

Née le jour de la fête des morts, j'ai dès l'abord été comme déterminée par le spleen, spleen qui semble s'être transformé en une ingrate dissidence comme l'affirment certains. Délaissant ma torpeur moyennant l'arrivée du printemps, j'ai la sordide impression que je resterai toute ma vie, une enfant de salaud, et ce malgré la croissance accelerée des années s'ajoutant avec entrain à ce spécieux compteur de la vie. Je vais dépeindre le portrait que seuls les plus au fait peuvent entrevoir, et ce derrière la candeur du gracieux petit minois qui est le mien. C'est ainsi, même les plus corrompus ressentent l'inéluctable besoin de se confesser, avec sincérité, comme si rien n'avait d'importance.
Intarrissable d'ingéniosités machiavéliques,de médisances, et tout aussi emplie d'indifférence. Terriblement capricieuse, insatiable, je me suis toujours arrangée jusqu'alors pour obtenir ce que je désirais, en m'en donnant les voies et les moyens, peu importe les traîtrises et fourberies que ceci incombait. Mon seul souci est de savoir ce que je peux bien vouloir, c'est surement le syndrome des enfants gâtés, plutot déséquilibrant. Loin de m'attrister, j'en rie intérieurement, sottement, peut-être bien. La foule peut bien me croire profondément naïve, et ça me plait bien, reconnaissons qu'il vaut mieux avoir l'air angélique et innofensive lorsqu'on relève de l'exaltation pandémoniaque et amoraliste du diable, avec comme seuls crédo, la tartuferie, la simulation, et la dissimulation. Personne n'osera dire le contraire, je suis délicieusement détestable, et je vous concéde tout cela sans zèle.

TRAVEL BOOK

London last August : * - * - * - * - * - * - * - *
Paris last November : * - * - * - * - * - * - * - *
On a dix sept ans qu'une seule fois.
Florence last December : * - * - * - * - * - * - * - *
Scoperta di Rapallo, Pisa, Capodanno in Firenze.
Starting of the year :
Spring time :
Paris in July : * - * - * - * - * - * - * - * - *
An ordinary trip, an usual need.
Cannes in July : * - * - * - * - * - * - * - * - *
Cannes and Juan-les-pins with some friends.
Lausanne in August : * - * - * - * - * - * - * - * - *
Switzerland strike.
St Tropez in August : * - * - * - * - * - * - * - *
Domaine Schneider à St Tropez, Plages de Ramatuelle.

# Posté le vendredi 25 juillet 2008 19:44

Modifié le dimanche 01 novembre 2009 12:34