«Le berceau balance au-dessus d'un abîme, et le sens commun nous apprend que notre existence n'est que la mince lumière d'une fente entre deux éternités de ténèbres. »
La déraison s'empare de moi, avec l'empirisme d'un linceul doux et amer, me dérobe et m'arrache à cette pénitence qu'est l'existence. Les mots se font absents pour décrire mes sentiments Sauvagement, je taquine l'inspiritation avec dérision. J'éprouvais la plus triviale de toutes les sensations sur terre: la déchirure d'une occasion ratée. Crises de folie, véritables épidémies caustiques, exacerbées parfois jusqu'à l'envie d'en finir raisonnée par la peur de souffrir. Je jonche le parquais où je martèle avec fougue mes poignets décharnés, comme si je jouais avec la douleur, comme si je la provoquais. Jeux délictueux, désirs furieux, je n'y cède plus. Derrière cette âme de nymphette, mon coeur est déjà emplie de ridules.C'est cette sorte de névrose meurtrière, sur laquelle je n'ai pas d'emprise, qui m'entraine dans les abîmes du pessimisme. Mes songes s'obscursissent, mes rêves deviennent noirceur. Emprunter l'humeur des défaitistes prosaiques et acariâtres n'entre en rien dans mes convoitises. La vie ressemble à un ramassis d'espoirs griffonnés dans le vide, un journal aux pensées raturées, aux idées érodées. La vérité a su me réveiller de sa main pétrifiée, mes pourparlers resteront à jamais des polémiques assassines aux dérives stériles. Noyée dans un verre de panégyrie, j'en pleure des perles de surprises. Je m'écrase, telle une épave sur le macadam de la réalité.
Ma plume a fané, ma muse s'en est allée, ne demeurent que mes regrets glacés.
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